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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 13:25

Encore un joli témoignage venant des histoires de cette famille recomposée, celle là, ou celle-ci ou encore celle-là, si particulière dans chacune de ses facettes.

 
Au commencement était le bonheur, puis l'indifférence, puis le déchirement pour aller vers un autre bonheur et de nouveau du bonheur avec un peu de déchirement tout de même.

Les acteurs de ce cheminement isolés dans leurs bulles respective si ce n'est le sentiment qui les relie.

Chacun dans cette mosaïque fait ce qu'il peut, ce qu'il doit avec plus ou moins de facilité pour reconstruire d'autres rapports autour de l'amour des uns pour les autres et malgré le désamour des uns envers les autres.

Un grand merci @NoeBishop d'avoir bien voulu trnasmettre son ressenti.

La parole à Monsieur Fils BeauFils

 

                                            Enfants-otage.PNG


Je suis un briseur de couple. A l'ancienne. J'ai commencé par celui de mes parents, le plus simple. A l'âge de six mois, Monsieur Père était parti à 600 km de là. Pour mes quatre ans, ils m'ont offert leur divorce.

Que ce soit bien clair ; je n'ai jamais regretté que mes parents se soient séparés. En ces temps où la société semble s'interroger gravement sur le sens de l'amour, de l'engagement et de la filiation, j'ai vite compris que j'étais un enfant de l'amour, que chacun d'eux m'aimait, mais qu'un élément de cette triangulation était parti en RTT du côté des Bermudes.

L'avantage de n'avoir jamais vu ses parents s'embrasser, c'est de pouvoir grandir dans une réalité stable. Certes, les copains ont les deux parents à la maison, moi je les ai chacun de son côté. On en rigole, je leur raconte les avantages (deux anniversaires, deux Noël, les vacances perpétuelles en été, un logis tout entier consacré aux loisirs). Pourtant, en grandissant, on voit le passé, les photos, les films de l'histoire tempétueuse qui les a unis, et dont je suis le point d'orgue. Le témoin uchronique de leur mariage.

Chacun d'eux vit sa vie. Sans me demander mon avis, fort heureusement. Je vois des hommes qui passent. Des amis, pour la plupart. Madame Mère pensait en effet que me donner des repères masculins serait important pour mon développement psychoaffectif (MOTDIESELOLILOL).

Du côté de Monsieur Père, on ne traîne pas. La belle organiste devient Madame Belle-Mère pour mes 5 ans. Elle fait des gâteaux, me raconte des histoires. Avec elle, rentrent aussi dans ma vie ses frangins, sa nièce, sa mère, sa tante, une famille de substitution, de proximité, étrangement normale quand je la compare à la mienne.

Je suis celui qui développera une passion pour l'odeur des voitures, passant tous les quinze jours de l'une à l'autre sur une station d'autoroute. Puis un amour déraisonnable du train, quand vous ne fûtes plus capables de vous adresser la parole.

Je suis celui qui ne comprendra pas pourquoi il ne fallait plus dire "Maman" quand on était chez Papa. Et rapidement, qui comprit qu'il ne fallait même plus l'appeler Papa, parce que cela rappelait à ma marâtre son incapacité à obtenir de mon géniteur ce que sa prédécesseur avait, par un bienheureux miracle, accueilli.

Je suis celui qui sortait les gros plats du four, et Mme Belle-Mère, de Fivette. Je suis celui qui priait en silence pour que la mayonnaise ne prenne pas.

Je suis celui qui a passé ses week-ends pendant deux ans dans une maison lugubre, habitée de la seule arrière-grand-mère et des lourds fantômes de cette famille de tarés, parce que Madame Belle-Mère ne supportait plus mon sourire sous son toit.

Je suis celui qui a assisté au procès entre ses parents. Qui a épongé, sans jamais les transmettre, leurs reproches sur ma propre éducation, ma vie culturelle, sportive, affective, sociale.

Je suis celui qui couvrait les mensonges de tout le monde, quand nous passions nos vacances dans la famille de Monsieur Père avec... Madame Mère.

Je suis celui qui a toujours tenté de maintenir un lien entre tout le monde. Celui qui a assumé cette charge, seul, quand Monsieur Grand-Frère a décidé que c'en était trop pour lui. Pendant 7 ans.

Je suis celui qui ramenait les chèques. Je suis celui qui ne disait pas qu'il avait peur. Et que cela rendait malade au point de culminer à 37 journées d'absence (la moitié des lundis, beaucoup de mardis) en troisième. L'année de ses premières amours.

Je suis celui qui a patiemment reconstruit des ponts, et une relation de confiance avec Madame Belle-Mère, car nous partagions alors un point commun unique au monde ; nous aimions Monsieur Père. Alors malgré les mises en garde de Madame Mère, je t'ai accompagnée, sous cette pluie battante, traverser sans échanger un mot la France entière, pour aller le soutenir. Et quand tu travaillais, qu'il m'appelait, qu'il me parlait parfois de Madame Mère, qu'il errait à cœur ouvert, des heures durant dans les méandres de son subconscient, je t'appelais immédiatement, pour que tu ailles vite le chercher et le ramener à la maison.

Je suis celui dont le seul reproche jamais formulé à votre égard, à tous, tient en une phrase. "Maman, n'oublie pas que tu parles de mon Père, s'il te plaît." Ma seule présence à vos côtés aurait du suffire à vous le rappeler. Pour la vie.

Je suis celui qui admet avoir du mal à vous avoir vu au mariage de Monsieur Frère, tous les trois dans le même cadre, rire de la robe de la nouvelle venue dans la famille. A avoir mal vécu que vous me disiez, chacun de votre côté, que c'est à cause de l'autre si ce genre de moment n'est pas arrivé plus tôt. Alors que je suis celui qui, cinq ans avant, le seul de la famille a être réellement affecté par la disparition de l'arrière-grand-mère, a passé trois jours à parlementer pour organiser une parodie d'enterrement, chacun d'un côté de l'église en face de laquelle était sise sa maison hantée des souvenirs de la défunte.

Aujourd'hui, Monsieur Frère organise deux anniversaires pour ses enfants. Parce que "c'est plus simple comme ça". A sa décharge, ce n'est pas lui que Madame Mère appelle pour se plaindre d'être invitée au "petit goûter, alors que Monsieur Père, qui n'a jamais rien fait, a tous les honneurs". Éternel bégaiement.

Je suis enfin celui qui, voilà quelques semaines, a dû appeler Monsieur Père parce que, gag ultime, Madame Mère avait perdu le jugement de divorce. Vingt-sept années ont passé depuis que vous avez officialisé votre séparation ; je suis encore et toujours le témoin de votre désamour.

Un fœtus, c'est un cocktail de gamètes. Un enfant, c'est de l'amour. Dans vos rivalités, vos jalousies, vos rancœurs qui font passer nos drames de cour de récré pour des échanges entre Socrate et Xénophon, n'oubliez pas, Madame Mère, Madame Belle-Mère, Monsieur Père, Monsieur Beau-Père, que nous avons besoin de vous. Que nous épongeons les mots, les sarcasmes, les vilénies. Que nous nous construisons une vision du couple, de la famille, de l'amour autour, en référence à votre modèle (plutôt en opposition, en l’occurrence).

Je ne vous ai jamais dit cela, car vous m'avez appris à me taire.

Je suis celui qui n'a rien oublié.

Je suis celui qui vous aime.

Je suis le fils ; je suis le beau-fils.


Les mots de ce petit garçon devenu homme ont transpercé mon cœur comme un sourire ou une larme, c'est qu'il m'en reste encore un peu.

Dans chaque grand bonheur il y a une part de peine à laquelle il faut sacrifier et dans chaque peine, il subsiste une part de bonheur prête à grandir...

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:51


 


Dans certains foyers notre billet à 4 mains a
provoqué du remous chez les Monsieur Papa...l'un d'entre eux...un courageux sans doute(si si il y en a) est
sorti du bois pour venir nous apporter la contradiction...tu vois ma complice herminée, je n'arrive pas à me départir de notre vocabulaire !


 


                                   


 


 


Alors voilà ses mots, sa réponse du berger aux bergères que nous sommes (t'as remarqué lecteur, bergère rime avec mégère !) :


Suite à la confrontation du point de vue de Mme Mère versus Mme Belle-Mère, je me sens un peu obligé de nous accorder un droit de réponse, à nous, l’autre partie,
représentant de cette paire de pères présents dans vos textes, mais que nous pouvons considérer, finalement, comme un des sujets absents.



Je suis bien conscient que chacune de vos deux mains n’ont écrit que selon leur propre expérience, et que votre essai commun n’est en rien objectif. C’est donc d’un
point de vue totalement subjectif que je m’empresse de faire le mien.


Afin de prévenir toute remarque, je préviens que je nommerai toujours, lorsque j’aurai à le faire, Mme Mère avant Mme Belle-Mère, pour une raison simple et
totalement arbitraire, j’ai lu vos billets dans ce sens la.


Mais trêve de digressions, commençons par un reproche.


Vous oubliez un point important, mesdames Mère et Belle-Mère, la situation qui a fait de vous, et de votre enfant, une famille mono parentale et/ou recomposée, dans
un principe de réciprocité universelle, n’en a pas fait moins pour nous.


Comment cela ! Vous osez ! Vous voilà décriant sur la place publique vos plus vils reproches envers l’autre partie et, durant ce temps, vous oubliez que
si vous en êtes arrivées à cette situation c’est grâce/à cause de nous, l’homme/père !


A la lecture de vos billets, s’il y a un point sur lequel vous êtes clairement d’accord, c’est celui de notre non présence (en tout cas dans lesdits billets), et
là, je m’insurge, je me révolte, je hausse la voix, je tape du poing, du pied et devient tout rouge (et ce n’est pas beau à voir !).


Le temps de recouvrer une couleur plus acceptable, je relis vos billets et me rends compte que vous avez un autre ENORME (lire ce mot en haussant la voix et en
faisant de grands gestes), voire MONUMENTAL (de même), autre point d’accord.


Le port de multiples casquettes, entre autres, en résumé, et de manière non exhaustive, celles de : formatrice, éducatrice, mère fouettard,  infirmière,
médecin traitant, chef cuistot, psy, femme de ménage, animatrice, taxi, …


Mais…


Oui, il y a toujours un mais…


Imaginez un instant que nous ayons également la tête bien assez large pour le port de ces casquettes et que nous rajoutions une paire de lunettes en plus, juste
pour la classe.


Imaginez un instant que nous soyons soumis aux mêmes désirs de réussite pour nos enfants que vous, que ce soit pour leur bonheur comme pour leur éducation.


Imaginez un instant que nous soyons soumis aux mêmes doutes et incertitudes que vous.


Imaginez un instant que nous ayons, en sus, un monde de préjugés, toujours fortement ancré dans les mentalités, à combattre, afin de prouver que nous, les pères,
sommes tout aussi aptes à éduquer et à aimer, même sans cette “fibre maternelle“ si chère à tous les auteurs de roman à l’eau de rose, que par définition nous ne pouvons posséder.


Imaginez un instant, toujours selon le même principe de réciprocité évoqué plus tôt, que nous ayons également un beau-père ou les enfants de notre nouvelle moitié à
accepter.


C’est bon j’ai votre imagination ? Je vais donc me permettre de vous faire redescendre sur terre.


Madame Mère, imaginez-vous un instant, que, lorsque je me suis engagé assez loin dans une nouvelle relation pour vous demander de considérer « l’intruse »
comme potentielle belle-mère, je n’ai pris en compte le bonheur de nos enfant ainsi que leurs relation et ressenti envers ladite pièce rapportée ?


Que l’autre ne soit rien à vos yeux m’importe peu, je ne l’ai pas choisie pour vous, ni pour que ce que vous en pensez !


Madame Belle-mère, imaginiez-vous un instant, que, lorsque nous nous sommes assez engagés dans notre nouvelle relation pour nous considérer comme famille
recomposée, l’autre, aussi appelée ex, ne vous jugerait pas, vous trouvant toujours en dessous de ce que “elle“, la mère de sang, pourrait faire ou être.


Que l’autre ne vous porte pas dans son cœur m’importe peu, je vous ai choisie pour vous et non pour ce qu’elle en pensait !


Au final, Mme Mère, Mme Belle-Mère, Mr Beau-Père ,si vous êtes là, et moi-même le savons, ne serait-ce que par égo, cette guéguerre existera toujours.


Mme Mère vous jugerez toujours Mme Belle-Mère et la dévaluerez, vous aurez toujours quelque chose à lui reprocher et cela je peux l’entendre.


Mme Belle-Mère vous serez toujours jugée et dévaluée, elle trouvera toujours quelque chose à vous reprocher et cela vous pouvez le comprendre.


Mais ensemble, vous nous jugez, et cela, c’est quelque chose que j’ai à vous reprocher ! L’entendez vous et le comprenez-vous ?


Mais…


Toujours ce fameux mais…


Malgré nos différences, nos rancœurs, nos animosités, nos jugements et nos reproches, que nous soyons parent ou pièce rapportée, s’il y a bien une chose sur
laquelle nous nous retrouvons, c’est le bonheur et la tendresse que nous avons envers ces petits êtres.


Et cela ne l’oublions jamais.


@Cévioni


 
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 12:11

Il y a quelque temps à l'occasion de tweets échangés avec ma copine @Roseur Suprême, on s'était dit que plein de choses nous faisaient nous entendre et nous ressembler et que pour autant nous étions, pour une facette au moins, chacune d'un côté du miroir...chacune d'un côté de la barre comme on pourrait le croire...

En fait ce qui nous rassemble, c'est la tendresse.

Pour le billet de @Roseur suprême, il faudra aller ici ou le lire à fin du mien, je publie avec son accord son ressenti de Maman solo au côté du mien, celui de Belle-mère sans papier. 

Je ne suis effectivement rien, ni personne, en tout cas pas la belle-mère sur le papier qui déclencherait tout autant votre ire maternelle...

Je ne suis rien, ni personne, juste celle qui s'occupe de vos enfants pendant que leur père va tenter de gagner sa vie et notamment de quoi assumer les conséquences dispendieuses de cette communauté passée...

Juste celle qui accumule tout au long de l'année des babioles dans les coffres de chacune pour que les vacances venues, elles aient de quoi colorier, coller, pailleter, peindre leurs matinées dans notre jardin...

Je ne suis personne, juste celle qui prend soin d'elles du petit déjeuner au coucher, celle auprès de qui, elles viennent trouver du réconfort quand quelque chose les tracasse...

Je ne suis personne, juste celle qui pendant les vacances fait tourner sa vie autour de leurs désirs et de leurs plaisirs sans oublier leur sécurité...

Je ne suis personne, juste celle qui écarte les haillons trop petits ou trop chauds pour habiller de froufrous colorés les jolies vacances au détriment de ses propres froufrous...

Je ne suis personne, juste celle qui attend toute l'année ce moment là, pour ses propres vacances...

Je ne suis personne, juste celle qui surveille quotidiennement les brosses à dent, le changement de sous vêtement, le brossage des cheveux...

Je ne suis personne, juste celle qui traîne au fond de ses poches de l'arnica, de l'homeoplasmine et l'apaisyl...et des bonbons.

Je ne suis personne, juste celle qui essaie de leur redonner confiance en elles quand elles ont du mal avec leurs exercices...

Je ne suis personne, juste celle qui jours après jours prends des coups de pieds dans l'estomac et le buste pour transmettre les bons mouvements pour nager...

Je ne suis personne, juste celle qui passe son été à pister, traquer lunettes, casquettes, crème solaire, tongs, maillots de bain, seau, pelles, râteaux, serviettes de plage et chemises de nuit...

Non je ne suis personne, juste celle qu'on ignore résolument de la dernière montée dans le train jusqu'au prochain retour...

Je ne suis personne, juste celle que l'on contourne dans la liste de ceux dont on demande des nouvelles...

Je ne suis personne, juste celle à qui on ne fait pas de dessin, la seule, pour Noël et les diverses fêtes...

Je ne suis personne, juste celle qui doit être invisible et muette durant les visioconférences...

Alors oui, je suis aussi celle qui négocie peu avec la bonne tenue à table, la sécurité sur la plage et les bons résultats à l'école, sans doute parce qu'on m'a élevée comme ça, qu'on m'a élevée pour que partout je sois à l'aise et que je fasse honneur aux miens.

Alors oui, ça n'est pas votre façon...à vous tous, je ne suis pas celle que vous attendiez, celle que vous espériez...

Vous avez gagné Madame Mère, je déclare forfait, quelques temps du moins parce que ça fait mal ces affronts les uns derrières les autres, dans le silence parce que je ne suis rien, ni personne...juste celle qu'on affuble de si jolis surnoms que l'on apprend aux enfants, la seule chose qu'on leur apprend d'ailleurs...

Vous avez gagné Madame mère, je me désintéresse de l'histoire, désormais je rapatrie mes préoccupations sur les voix qui me sont familières tout au long de l'année...

Vous avez gagné Madame Mère, je n'adresserai plus à mes amies mères de famille les plannings d'été aux codes couleurs que j'élaborais soirées après soirées à coups de pique niques, feux d'artifice, musées et parcs d'attractions, pour faire de leurs vacances une perpétuelle fête...

Vous avez gagné Madame Mère, je ne suis rien, ni personne et vos princesses passeront leurs vacances surtout avec leur Papa ...et moins avec celle qui n'est rien ni personne...mais ça sera plus court, beaucoup plus court.

Vous avez gagné Madame Mère, tout ça ne me concerne pas et ne me regarde pas et je n'y participerais plus en rien...

Vous avez gagné Madame Mère...je ne suis pas sûre que vous ne soyez pas la seule à en tirer avantage...
pour satisfaire votre ego...
pour vous garantir une exclusivité qui est naturellement votre et que je ne vous disputais pas...
pour compliquer une vie qui se conjuguait à 4, quelques mois par an et qui désormais restera un paisible duo...on sera 4 de temps en temps mais je n'y serais pour rien.

Parce que je suis un être de chair et de sang et pas une machine que l'on allume et que l'on éteint, je vais me protéger...

Je serais spectatrice, ni initiatrice, ni organisatrice, pas même figurante, juste spectatrice concentrée sur mon couple et uniquement sur mon couple...je vais désormais user de mon droit de retrait et de garder le silence...

Je ne garderais au fond de mon coeur, bien cachée dans les replis de ma tendresse, que cette complicité que vous interdisez.

 

                       photo--8-.JPG

 

La parole  est à Madame Mère :

Un jour, nous avions envisagé avec @MarieShani d'écrire un billet à 4 mains. Elle sur son ressenti de belle-mère (dans le sens où elle a les enfants de son mari) et moi, dans le ressenti de mère célibataire qui voit la Schtroumpfette partir en week-end et/ou vacances avec la "gonzesse" de l'Ex.

Pour l'heure, je ne me résous pas à appeler "belle-mère" la gonzesse de l'Ex. Peut être dans quelques années, je le ferai.

Pour le billet de @MarieShani, il faudra aller ici fidèle lecteur, ou sur le billet suivant sur lequel je publierai, avec son accord, son ressenti.

Désormais, c'est à moi de m'essayer à cet exercice, mais de l'autre côté de la Barre....

Je suis Madame Mère et à ce titre, il y a des règles à respecter.

Toi tu es le père, tu vois ton enfant le week-end et pendant les vacances.

Tu prends la Schtroumpfette en présence de l'Autre, l'emmène à droite à gauche, chez les parents de l'Autre.

Pourtant, l'Autre n'est rien à mes yeux. C'est une réalité. En tous cas, pour l'heure, et par rapport à ma fille, elle n'est personne. Peut être le deviendra-t-elle avec le temps. On verra.

C'est moi qui élève, seule, la Schtroumpfette, qui l'éduque, lui apprend les bases et fondements de ce qu'elle deviendra, la nourris tous les jours, surveille son alimentation, fais en sorte que tout aille bien, s'inquiète au moindre coulement de nez, au moindre bleu, à la moindre bosse.

C'est moi qui suis également la marâtre pas gentille, punissant les bêtises, menaçant l'enfant lorsqu'elle n'écoute pas (ou tente de tenir tête à ton autorité).

C'est moi qui me farcis les allers-retours à l'école, tous les jours, les discussions avec d'autres parents, les questions aux maîtresses, les inscriptions au centre aéré, les démarches en général liées à l'enfant.

C'est moi qui cours chez le pédiatre pour les visites de "contrôle" ou pour les petites maladies.

C'est moi qui gère les crises de nerf, les crises de fatigue, les cauchemars et hurlements dans la nuit, les réveils tôt le matin.

C'est moi qui au quotidien, apprends à l'enfant que non, on ne dit pas "ouais", on dit "s'il te plaît" "merci", on est poli, on ne montre pas du doigt....

C'est moi qui gère tout, jour après jour, cumulant la course frénétique du matin pour le dépôt à l'heure à l'école, la course jusqu'au boulot et ses journées chargées, la course le soir pour récupérer l'enfant à la garderie à l'heure.

Je comprends la douleur du père de ne pas avoir son enfant au quotidien. Mais, le connaissant, je sais qu'il n'en ferait pas autant.

Sa place est d'autant plus confortable que n'ayant l'enfant qu'un weekend end sur deux, et pendant les vacances scolaires, l'éducation n'est pas la même, le rythme n'est pas le même. Il a l'enfant pour les loisirs quasiment uniquement.

Quand je récupère la schtroumpfette, elle est fatiguée, elle est coriace, n'écoute rien, n'est pas polie, tente de tenir tête à l'autorité que je suis.

Quand je la récupère, tout est à refaire....

Pire, toi, l'Autre, quand tu joues à la poupée avec la Schtroumpfette, je n'aime pas. Ma fille est une enfant, pas une poupée à qui l'on vernit les ongles, à qui l'on pose de fausses boucles d'oreilles, à qui l'on fait faire n'importe quoi.

Pire, toi l'Autre, quand tu apprends des termes et expressions vulgaires à la Schtroumpfette, alors que du haut de ses 3 ans et demi elle a besoin de construire son langage correctement, je n'aime pas du tout.

Pire, toi l'Autre, quand je sais que tu prends la Schtroumpfette dans tes bras parce que, soi disant son père ne peut le faire, j'ai les poils qui se hérissent tout seuls.

Pire, toi l'Autre, quand ma fille me parle de toi, je feins d'ignorer qu'elle connaît ton prénom.

Pire, toi l'Autre, quand tu présentes ma fille à tes parents, qu'il l'accueille, lui offrent moult cadeaux, j'ai des envies qui ne peuvent être écrites ici (mais que l'on peut bien imaginer cependant).

Pour l'instant, l'Autre n'est rien à mes yeux, sauf une source d'emmerdements.

Je sais que cela évoluera avec le temps et surtout si l'Ex reste avec cette personne, que je considérerai très certainement comme la belle-mère de la Schtroumpfette.

Soyons réalistes, il y aura toujours des choses qui n'iront pas et que je n'accepterai pas, mais je ferai avec (je tenterai même de ravaler mes réflexions.... ça ce n'est pas gagné quand même).

Parce que, pour être tout à fait honnête, les familles recomposées je connais. C'est mon beau-père qui m'a élevée (le pauvre ....) jusqu'à ce que je quitte la demeure familiale et je l'ai toujours considéré comme mon père.

Parce qu'il a subi les crises de larmes d'enfant, les maladies, les crises d'angoisse, les cauchemars, les crises d'ado, tout quoi.

Parce qu'à partir du moment où un adulte entre dans la vie d'un autre et que des enfants sont d'ores et déjà présents, il faut composer avec.

C'est dur, je le conçois, et évidemment j'ai l'autre côté de celui de @MarieShani...

Grâce à son billet et son ressenti, je vais apprendre à tempérer pour peu que l'Ex reste avec l'Autre....

 

Pour toi Madame Mère, pour toutes mes copines qui sont des mères formidables et pour la mienne que j'aime au delà de ce que je peux exprimer, pour les larmes que je vous dédies cette fabuleuse chanson !

               

             

 


 

 




 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 13:04

Du plus loin que je me rappelle, c’est doux pour le corps et pour l’âme.

 

Quelques souvenirs de mes premier pas à Paris entre la rue Chardon Lagache et les lourdes tentures de l’avenue de Montespan, les repas colorés du dimanche mon Pollux sous le bras.

 

Mais plus précisément entre 3 et 6 ans, c’était les années 70 et ELLE avait la trentaine, c’était les années Flowerpower et c’est cette image là que j’ai d’ELLE, instinctivement...

 

… ses combinaisons en jersey aux motifs psychédéliques, cette masse de cheveux blonds dont une boucle lui cachait presqu'un œil, des grands médaillons ou parfois une grosse boucle de ceinturon…

 

…l’odeur de son parfum lorsqu’elle me serrait contre elle, comme des vagues de bien être...

 

Le souvenir de son chicken frye au maïs dans la grande maison de la forêt, bien avant que cela ne devienne up.

 

Quand ELLE m’apprenait à chanter Yellow submarine alors que je savais tout juste marcher…quand ELLE m’apprenait à danser sur tous les standards des Beatles et le générique de Thierry la Fronde et qu’elle m’apprenait à écouter sur les albums des Pink Floyd…

 

Avec ELLE, j’ai vénéré James Dean, Paul Newman, Clint Eastwood, Henri Fonda, Robert Redford et Steve Mac Queen…j’ai vu tous les spaghettis western à l’heure où l’on s’en tient aux Aristochats.

 

ELLE m’a donné le goût du Jazz entre pénombre enfumée et chuchotements, celui des ballets de Tchaïkovski et autres Coppelia, celui de Mozart et l'opéra, du théâtre, des musées...

 

Quand je la regardais fascinée jouer du piano et plus tard quand elle me regardait en secret, quand elle m’aidait à lacer mes pointes...

 

Quand elle graissait le cuir de mes bottes cavalières, quand elle consolait mes premières peines, quand dans ses yeux je lisais toute la confiance du monde…

 

ELLE m'a donné le goût de la liberté et de la tolérance mais aussi celui des convictions.

 

Guissény, les pentes enneigées des Savoies, Catolica, Cauterets, Fréjus…les haltes traditionnelles de la famille enfin réunie.

 

Ses grandes lunettes de soleil des années Joplin, mon mange disque orange, Joe Dassin et la Plage des Esclamandres...

 

Quand on parlait en faux russe en rentrant du yoga, nos fous rires aux petits pains au lait de la Place Bellecour.

 

Quand elle m’attendait aux bas des pistes emmitouflée et planquée derrière son gros bouquin…

 

Et toutes ces années où sa vie a tourné autour de la mienne…

 

Alors à l’heure où tout s’efface, on me dit de ne pas vivre dans le passé mais c’est là que je vais puiser mes forces et mes rêves.

 

Ma jolie petite Maman...

 

                   ELLE

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 21:36

 

http://www.routard.com/images_contenu/communaute/photos/publi/022/pt21465.jpg

 

 

Apprendre une triste nouvelle concernant une de ces amies dont j’ai quitté le champ de vision, je ne sais pourquoi, depuis plus d’un an maintenant et immédiatement ressentir de la peine comme si cette distance qui m’a fait souffrir en silence,en son temps, n’existait plus.

 

En un instant, je revois ce petit bonhomme jovial, qui m’a toujours accueillie chez lui comme si c’était naturel et me dire qu’il est parti, qu’il a quitté les bras et le regard de sa famille qui était un peu, un tout petit peu la mienne aussi

.

En un instant, je revois un de nos derniers repas tous ensemble, dans leur villa de Sainte Maxime, c’était un de mes miens je crois, cette semaine là, on s’était amusés à se lancer des défis cuisine Niçoise vs vietnamienne.

 

En un instant, je nous revois, les femmes de cette jolie famille et moi, toutes attablées dehors, à cuisiner ensemble pour ces hommes gouailleurs et taquins.

 

En un instant, je les revois attentives à mes directives comme, je l’étais aux leurs.

 

En un instant, je nous revois silencieux autour de ce repas vietnamien préparé pour nous tous, tant ils appréciaient cette cuisine de ma grand-mère dont j’avais échangé les recettes secrètes contre les leurs de notre terroir niçois.

 

En un instant, je nous revois si bruyants autour de la soupe de poissons pêchés par les hommes au harpon dans la baie de Sainte Maxime et préparée par la Maman, si discrète et si gentille.

 

En un instant, je les revois sur le balcon mitoyen de l’appartement de leur fille, mon amie, lorsque nous étions étudiantes et que nous révisions nos partiels, nous tendant le ravitaillement niçois si goûteux, si savoureux, si chaleureux, si plein d'amour.

 

En un instant, je les revois à ces Noëls si douloureux chez moi que je quittais bien vite parce que mon père n’était déjà plus qu’un ombre vacillante, m’accueillir dans les leurs de Noëls si gais, si colorés, pour que j’oublie l’ombre qui avait envahie ma vie.

 

En un instant, je les revois quand je passais les soirs de printemps, à la sortie du bureau pour siroter un San Pellegrino, sur leur vaste canapé.

 

En un instant, je revois ce dernier anniversaire, au soleil de l'hiver, sous la tonnelle de mon amie, à sa table si bien garnie, si joyeuse, tous ensemble 

 

En un instant, je revois la plus grande partie de ma vie et vous étiez toujours là, dans mes joies, dans mes peines et que je vous ai perdu, quelque part entre l’azur de l’été et la brise de l’automne, je ne sais pas pourquoi…

 

En un instant, Nice a perdu une de ses étoiles qui s'en est allée briller plus haut...

 

En un instant, ma peine est immense et accrue parce que je n’ai pu être près de vous que j’aimais tant, que j’aime tant…

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:05

http://labelblue.canalblog.com/images/lutin1.jpg

Je ne sais pas pour vous, mais je vis dans un conte et je partage les jours et surtout les nuits d’un Lutin des routes ascendant lutins des plages et des clavier.

 

En effet, chez nous il y a toute une vie clandestine qui se déclenche dès que je suis endormie, du coup j’en ai jamais été le témoin direct mais j’en relève les stigmates, le lendemain matin quand je me lève et que je prépare le p’tit dèj !

 

J’ai tenté de veiller ou me de réveiller pour le surprendre ce Lutin aux activités nocturnes, mais il a l’oreille aiguisée et stoppe toute action dès que je pose un pied sur le parquet.

 

Ce lutin, herborise, puisqu'il jardine et arrose la nuit, il est gourmand, il organise des « picnics/plateaux télé », il est même gourmet (enfin #GeekGourmet) puisqu'il cuisine, il est homme d’entretien, il passe la serpillière et vide les poubelles et il est très propre parce que souvent il               prend un bain !

 

Ainsi, je retrouve au matin le jardin taillé et arrosé, le sol lavé, les poubelles vides, la baignoire humide et le rideau de douche tiré… mais pas que…

 

Je retrouve également mon plan de travaille en bazar, des miettes partout, de la vaisselle sale dans l’évier, les serviettes de bains humide et roulées en boules (de préférence la mienne), des emballages abandonnés dans la cuisine, sur le clavier de PC du chéri, sur sa table de chevet, sur le canapé…dans les paniers des chiens, bref le lutin est bordelique, de bonne volonté mais bordélique !



Comme, je sais qu’héberger un lutin est un trésor de bénéfices et de bonheurs, après consultation conjugale, j’ai décidé de lui faciliter la vie à ce lutin…

Notamment pour le snacking…et afin d’éviter qu’il se concocte un sandwiche américain à 3 heures du matin et qu’il me laisse des miettes, du gras, des frites froides et du fromage partout, j’ai intégré ses besoins ciblés dans ma liste de courses.

 

Donc, lors de mes dernières courses, accompagnée de ma petite mère, j’ai pris des choses qu'il peut réchauffer au micro onde et qui se mangent dans l’emballage…oui je te l’ai dit lecteur, soit attentif, mon modèle est un GeekLutin, il est junkfooder, sirote du coca et boit du café !

 

Sous le regard médusé de maman, étonnée de me voir prendre des plats tout prêt à réchauffer, ce que je ne fais jamais, j’ai senti le doute s’installer, soit j’avais été kidnappée par des aliens et échangée, soit je menais une double vie…

 

Pour éviter quelle se tracasse inutilement, après un petit temps de jubilation, je lui ai expliqué pourquoi je prenais 8 flamenkuche, 10 cordon bleu au poulet…elle m’a regardée d’un autre œil, satisfait cette fois, que sa fille, unique, sa perle ait été dotée d’un lutin et qu’elle fasse tout pour améliorer le confort du-dit lutin.

 

Or donc, hier revenant des courses, mine de rien, par annonces à la cantonade, j’ai indiqué que j’avais fait des achats de plats tout prêt à réchauffer au micro-onde…le lutin somnole la journée mais entend tout et retient tout, enfin juste ce qui l’intéresse hein…faut pas pousser non plus !

 

 Nous déjeunons sur le pouce, le chéri n’est pas trop déjeuner sauf si les enfants sont en vacances avec nous, c’est d’avantage un brunch qu’un déjeuner et chacun s’achemine vers ses occupations, moi, rédiger un mail ou deux, en lire quelques uns, faire une ou deux recherches, puis fureter sur le net, regarder mes séries, films, revues…

 

Le soir arrive, nous cuisinons de concert le chéri et moi, chacun dans son «expertise », moi je prépare et ou cuisine dans la cuisine et lui cuit au barbecue et s’occupe de l’actifry  et ce qu’on y met dedans…dans le jardin.

 

Donc lui dans le jardin aux manettes du barbecue et de la friteuse, tout en m’envoyant des textos d’amour et des photos m’informant de l’avancement de sa tâche, moi dans la cuisine avec mon pinceau à tartiner les tranches de lard de sauce Teriyaki (le chéri en est dingue, il finira par se brosser les dents avec !) et mariner les côtelettes d’agneau de mélange d’herbe et condiment de mon cru et surtout faire sauter quelques légumes chop suey pour mon assiette allégée.

 

Nous dînons, finissons le repas par un morceau de fromage et joli plateau de fruits de saison et notre repas est achevé, la soirée se déroule doucement et je m’endors.

 

Ce matin dès potron minet, sur le pointe des pieds sur le parquet et dans chaque pièce, j’ai pu constater que le Lutin m’avait entendue et avait apprécié à leur juste mesure les achats que j’avais faits pour lui, dans la cuisine, juste un planche souple en silicone portant la dernière part de flamenkuche…et pas de miette, dans la chambre un sopalin froissé sur la table de chevet et pas de miette dans le lit…et pour me remercier le Lutin a enlevé dans la nuit tous les cartons d’emballage que j’avais réunis pour la poubelle à recyclage.

 

Bon le Lutin a oublié les boites de raticide que je lui ai laissé à poser sur la corniche la façade côté jardin (loin des chiens), mais il le fera certainement très vite, je sais qu’il est dérangé, la nuit, par le bruit dans le jardin de ces rongeurs qui viennent d’on ne sait où et on choisit notre jardin comme terrain de jeux !

 

Quelle chance j’ai d’avoir un Lutin à la maison, qui assure l’harmonie et le bonheur de mon foyer, c’est pour ça que je le gâte mon Lutin, je vais diversifier un peu mes achats pour lui afin de ne pas le lasser et lui fournir du sucré aussi, j’ai repéré des crêpes fourrés entre autres.

 

Donc, lecteur, si tu as une suggestion remplissant les critères (à réchauffer de préférence au micro-onde dans l’emballage ou avec en l’ouvrant, du bien gras, bien sucré, bien riche), je suis preneuse parce que je l'adore mon sérial snacker !

 

 

Crédit photo 

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 02:21

 

Avec Papa c’était compliqué…compliqué parce qu’on a peu vécu ensemble en fait et quand il était là, il n’était pas vraiment là, absorbé qu’il était par son métier, sa passion.

 

Mon père construisait des ouvrages de TP, de très gros ouvrages qui lui ont fait parcourir l’Europe et la planète.

 

Comme tous les Papas pour leurs petites filles, il a longtemps été mon idole puis la personnalité contre laquelle il fallait que je me construise, que je grandisse et le temps aidant de nouveau une figure de proue.

 

Haute comme trois pommes, à son arrivée j’accourais avec ses chaussons, je descendais à la cuisine pour partager son petit déjeuner à l’aube, le weekend je venais dans son lit avec mes petits livres d’enfant pendant qu’il lisait le journal.

 

Plus tard, j’étais fière de nager presque aussi vite et longtemps que lui.

 

Je picorais dans son assiette et me glissais contre lui sur le canapé.

 

Mon père était de ceux qui connaissent tellement de choses sur les mystères de la vie, de l’univers ou des objets.

 

C’était un scientifique, curieux de toutes choses qui n’a jamais cessé de s’informer et d’essayer de comprendre.

 

Il me disait, avant de faire quoi que ce soit, ma fille, tu dois le penser…non pas penser à ce que tu fais mais penser à comment tu vas le faire, ce qui est différend.

 

Il était dur et intransigeant, sa culture, son vécu lui faisait confondre compassion et faiblesse, mais je suis qui je suis, parce qu’il était mon père.

 

Ma douce Maman est venue heureusement tempérer les aspérités paternelles.

 

Enfant, il m’a appris la beauté de l’ouvrage qui sort du sol, m’a fait décrypter les lignes de ses plans, chacun de nos jeux, chacune de nos discussions n’étaient finalement qu’un prétexte pour illustrer la physique, la chimie ou les math, quand on allait pêcher, il m’expliquait les vagues et la lune, quand on jouait au tennis, la trigonométrie, quand on jardinait ou que l’on cuisinait, la chimie, quand on jouait, les probabilités…

 

La seule chose, qu’il ne m’a pas vraiment transmise…sa langue maternelle, peut être parce que c’était trop intime, trop douloureux, une part de lui à laquelle il avait renoncé pour épouser Maman et vivre dans ce pays qu’il adorait.

 

Etre adolescente à côté de lui n’a pas été simple et plus tard étudiante, j’ai souvent fait mes choix contre les siens, pour exister, ce que je regrette parfois amèrement.

 

Nous nous sommes souvent fâchés, puis réconciliés, souvent le silence nous éloignait.

 

Je l’ai vu combattre pendant trente ans sa maladie et finalement trois ans durant combattre la douleur jusqu’à l’inhumanité.

 

J’ai souvent eu l’impression de ne pas être à la hauteur de ce grand homme qui répondait à la plupart de mes questions.

 

Sa vie n’a pas été exempte d’erreur mais il les assumait sans défaillir et finalement cet homme là nous protégeait Maman et moi, parfois mal, mais de toutes ses forces.

 

Une phrase qui récemment m'a déchirée le coeur...est ce que tu crois que ton père serait content de toi ?

 

Il est parti une nuit d’hiver alors qu’il n’était déjà plus qu’une ombre, je ne l’ai plus revu et l’eau qui coule de mes yeux au moment où j’écris, coule au fond de moi à jamais, sur l’absence de cette homme dont j’ai été trop privée et que j’admirais, mon Père.

 

 

 

                                                                                    Ba

 

Cette porte sur mes silences a été ouverte par @P_Y_Paris, merci d'avoir libéré mes mots

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 21:24

Un sujet que je connais bien, le métier de mon père nous a trimbalé toute notre vie d'un bout à l'autre de la France et de l'Europe tous les trois ans nous éloignant toujours un peu plus de la famille et des amis...


A chaque fois c'était un arrachement et on était tellement content de "rentrer" pour les voir, sauf que si la famille ne bougeait pas les amis, les nouveaux amis on en a disséminés un peu partout, alors ça devenait de plus en plus compliqué et quand nous descendions notre maison du Sud Est on passait par Paris, Lyon, la Suisse...et on arrivait 10 jours plus tard...parce que comme c'était nous qui étions partis et évidemment c'était à nous de venir...et puis comme ça on revoyait l'endroit, on se rappelait mieux de bons moments...mais oui peu à peu les liens se distendent et pour les soigner il faut apporter du soin justement à ces amitiés là, l'entretenir, la nourrir, c'est compliqué...


Plus tard à 16 ans, mes parents ont continué leur périple européen et notamment à l'est, à l'époque ou les pays de l'Est existaient, j'ai eu le choix entre Paris où se trouvait la famille et notre pied à terre parisien et la Côte d'Azur ou se trouvait la maison de vacances...j'ai choisit la côte d'Azur qui présentait le double avantage d'être au soleil et loin du regard protecteur d'une famille mixte dont une des moitiés est vietnamienne.


Seule sur la côte d'azur j'ai du m'habituer à cet état de fait, et faire l'effort de retourner sur les lieux de mes anciennes pour nourrir le feu de ses affections là, alors bien sûr l'attrait de la grande maison au bord de mer finissait bien par s'imposer comme une évidence mais il n'est jamais venu à l'idée de personne qu'on pouvait faire le réveillon avec tout le monde ici plutôt qu'à Paris, Lyon, Dieppe, Hambourg, Vienne, Katowice ou Port Gentil...


C'est la loi du nombre, on était trois nous eux ils étaient plus nombreux. Alors on fêtait le jour de l'an en Normandie, le Têt à Paris, on allait au ski au col de la Faucille ou à Courchevel et Pâque au hasard des grandes fêtes organisées par la famille et les amis...
De loin ça ressemble à une enfance et une adolescence dorée mais de plus près il manque toujours des gens qu'on aime et qui vous font sentir qu'ils auraient bien voulu qu'on les choisisse eux...


Plus tard, le pli était pris et j'ai passé mes weekend end et mes vacances dans les sacs de voyages pour aller voir untel et untel que l'on avait pas vu depuis longtemps, c'était bien c'était sympa tous ces voyages tous ces endroits mais finalement moi j'aurais bien voulu qu'on organise les fêtes chez nous, qu'on leur fasse partager notre nouvelle vie, notre nouveau chez nous...présenter mes copines aux nouvelles, mes cousins à mes potes cacher les œufs de pâques chez nous...


Il y avait quelques irréductibles qui attirés par l'amitié et les grandes maisons que mon père nous louaient, faisaient un effort, mettaient femmes, enfants, chats et chien dans leurs voitures pour venir camper chez nous l'été ou les weekends et puis de moins en moins, parce que c'est la nature humaine et qu'au fil du temps, j'ai perdu le long du chemin des gens formidables mais trop occupés ou parce que j'étais moi même trop occupée.


Alors, oui, il faut évidemment se faire de nouvelles amitiés parce qu'il faut se faire une nouvelle bulle et il faut tenter de garder au maximum dans cette nouvelle bulle les amis et la famille, tous ces gens qui sont loin, c'est dur et compliqué.

Quand on se marie, on multiplie aussi le problème par deux.

Mon homme est lorrain...les amis n'en parlons pas, ils sont restées tous ou presque, acquis à l'ancienne compagne et moi je suis une sorcière, mais la famille ?

C'est lui qui est parti, alors c'est nous qui devons venir pour Noël, c'est petit chez moi mais on a un appart de vacances pas loin, on peut loger tout le monde ici, chez maman et à Fréjus en campant un peu, ils pourraient venir tous ici emmener les filles du chéri...et on ferait la fête ici...


Alors oui les bonnes fortunes sont différentes, ok mais en se groupant, tous dans 2 ou 3 voitures ça fait quand même du monde et puis on aiderait un peu, mais non, c'est vrai que c'est compliqué aussi pour eux...et puis c'est nous qui sommes partis donc c'est à nous de venir.


On tourne en rond, alors c'est nous qui y allons et quand on ne peut pas parce qu'on a pas assez de jours de congés et qu'il faut les garder pour les vacances d'été des filles de mon chéri et bien on y va pas, on a de la peine en regardant les photos parce qu'on est pas avec eux, on culpabilise, ou on a u peu de rancœur et on se fait du mal et tout ça parce qu'on les aime et qu'ils nous manquent.


La tata qui est partie vivre avec son mari à Guérande et qu'on avait déjà bien du mal à voir qu'on faisait un passage à Paris elle venait elle, c'était pratique Paris Nice en avion 1h15 mais maintenant... Maman est âgée c'était déjà difficile Nice Paris, les chiens et puis arrivés là bas il y avait les cousins aussi mais maintenant..., sa fille qui est restée seule en grande banlieue et dont on ne connait même pas le nouvel appart, son fils à Paris,

Et puis Paris ça centralisait toute la famille à peu de chose prêt aujourd'hui au gré des mariages et des retraites tout le monde s'est disséminés partout...


Tous ces gens qui ont bercés mon enfance, les moments chéris du temps de l'insouciance, ceux de la vie d'avant de mon amoureux et bien ils nous manquent et on doit leur manquer aussi, il y a le téléphone, Skype et Facebook ou encore maintenant FaceTime pour qu'ils restent dans nos vies de maintenant, loin, coupables d'être loin...mais plein d'émotions et sentiments pour cette vie que l'on a laissée.



Là aussi, la vie se fait de mauvais compromis pour essayer de garder ce jardin magique mais ça ne se fait qu'au prix de nombreux sacrifice qu'il n'est pas toujours possible d'accomplir, tiraillée entre ici et ailleurs toute ma vie j'ai du faire des choix et j'en ferais encore en affrontant les reproches informulés de ceux que j'aime parce qu'ils m'aiment...


Mais garder cette vie là lointaine près de mon cœur, c'est ce qui fait que je suis ce je suis, pleine de contradictions, de cultures différentes et surtout pleine d'amour.

Depuis quelques temps ma vie a pris un autre tour même si je n'ai pas bougé et parce que l'homme a du mal à trouver sa place dans mon univers et que du coup je me suis un peu mise en retrait de ceux que j'aime ici, ils se sont éloignés ou sont parties loin de mon cœur et de mes yeux...


Je reprends mon bâton de pèlerin de l'amitié parce que c'est plein de vide ici où il y avait tant de rires et d'amis, il faut se faire de nouveaux amis avec ce nouvel homme que j'adore mais qui n'a pas su trouver sa place chez tous les miens ( probablement parce qu'il n'a pas voulu) mais il a tant sacrifié pour notre amour, que c'est à moi aujourd'hui de l'aider à recréer une bulle dans laquelle il se trouve bien, heureux à l'aise...


Je n'oublie pas les gens qui sont partis ou que j'ai laissé partir, tout ceux que j'aimerais encore longtemps, je les comprends et leur souhaite une belle vie et je reprends le cours de ma vie, d'une autre vie, en les gardant au fond de mon cœur

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:37

 

Il y a des jours comme ça...tu ne sais pas pourquoi lecteur...mais tu te réveilles avec l'âme d'une guerrière, tu veux oublier tout ce qui te fait peur et ce qui te statufie depuis des semaines...

 

Ce y est, il s'est passé quelque chose en toi, un mot, un fou rire, une musique et à nouveau la certitude que c'est maintenant tout de suite !

 

Tu seras indulgent, lecteur, je débute, je ne sais pas encore  partager les photos de mon humeur du jour...je vais balbutier avec toi et je vais ré-apprendre avec toi, à marcher, écrire, pixelliser et sonoriser les mots qui s'échappent de mes pensées.

 

Tout ça est encore bien austère, il faudra que j'y mette de la couleur et des éclats de rire.

 

J'ai voulu m'éloigner un temps de la tourmente de ma vie et de mon pays et je me suis perdue en chemin...mais mon amie Nathalie a entrouvert la porte pour moi hier et je la franchis ce matin.

 

Un café fumant à ma gauche, un titre de Donna Summer qui me rappelles à la vraie vie et c'est parti !

 

J'avais lu un billet de @la marie qui m'avait fait sourire et eu l'envie de le compléter et sur ma lancée jeté à la hâte quelques sujets à développer, alors il est temps maintenant.

 

Quand toute ta vie a été rythmée par une vie professionnelle trépidante, ne laissant que peu de place à tes envies de prendre le temps de respirer et que soudainement tout ça disparaît, tu te dis que tu vas en profiter pour faire toutes ces choses que tu laissais de côté en te disant "quand j'aurais le temps" je ferais ça, j'essayerais ça, dès que j'aurais un moment.

 

C'est vrai, ça travailler n'est pas le centre de ma vie, c'est juste un moyen de vivre, je ne m'ennuierais pas, j'ai plein d'envies, de désirs et pas eu le temps de m'y attarder comme je l'aurais voulu.

 

Et puis, tout s'arrête, tu as plein de temps...tu dois réparer ton corps tout cassé, alors tu attends que ça aille mieux et puis tu commenceras toutes ces choses que tu as laissées en attente...et puis les jours passent et tu t'enfonces dans le néant, sans vraiment t'en apercevoir, tu deviens transparente et ta fierté en prend un coup.

 

Mais comment ça transparente, c'est une plaisanterie ? J'existe autrement, je n'ai pas changé, je suis toujours là, regardes moi ! Je ne suis pas qu'un numéro de Case-Palais, un cartable bien rempli de dossiers...j'ai de la personnalité moi Madame, plein de chose à dire et à faire !

 

Et puis non, en fait tu as perdu, le haut, le bas, la veille, le lendemain, toi si bavarde, tu es devenue silencieuse comme si de ne plus travailler t'avait retiré le droit ou l'envie d'avoir un avis, comme si tu n'avais plus rien à dire.

 

Alors de plus en plus honteuse, je me suis perdue dans ce mutisme, mais aujourd'hui c'est fini, j'aurais pu remettre parce qu'aujourd'hui il fait moche, gris et pluvieux mais ça n'est pas grave lecteur, il fait soleil dans mon coeur et c'est tout ce qui compte.

 

En espérant ne pas t'avoir bassiné lecteur, je promets ici de te distraire, de t'énerver, de te faire rire, de te faire râler avec moi et d'essayer d'apporter ma pierre à l'édifice de notre monde...

 

Pour la douce @-drine, mon gentil @Grumpfff, l'iconoclaste @Flo_fae, la truculente @WonderNaddie, @RoseouRenard et @cecilerodrigues, @Montpensieralex, pour tout ceux qui me répondent dès que je pointe le bout mon tweet malgré ces mois de silence, je me lance à l'eau...

 

Pour celui qui a quitté mon regard et n'est plus qu'un ombre dans notre maison, je me lance à l'eau...

 

Pour moi, je me lance à l'eau...

 

 

 

 

 

 

 

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