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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 23:38
Monsieur Fils et la famille apaisée

Tu te rappelles moi, je suis Madame Belle-mère et à force d'être décrite comme une Carabosse, à force de peines, j'ai décidé de d'user de mon droit de retrait...

 

Avec ma copine Cécile qui elle est une bonne fée, on avait décidé au début d'écrire en miroir nos expériences personnelles, elle de Mère et moi de Belle-mère et finalement cette histoire de famille recomposée avec plus ou moins de bonheur, ça concerne plein de gens !

Ils sont venus compléter notre histoire chacun de leur point de vue, il y a eu Monsieur PapaMonsieur Fils/BeauFils et puis aujourd'hui un autre Monsieur Fils/Beau Fils celui de la famille apaisée.

La parole au Fils qui apaise

 

 

Salut les Parents, ça filoche ? Moi ça va pas mal, merci.

 

Si je vous fais une lettre aujourd’hui – que vous lirez peut-être, si vous avez le temps, mais j’en doute : il y a peu de chances que vous traîniez par ici – c’est parce qu’après avoir lu les témoignages de Madame Mère, Madame Belle-Mère, Monsieur Père et Monsieur Fils, témoignages qui m’ont beaucoup touché, mais que j’ai trouvés assez tristes dans l’ensemble, je me suis aperçu que je ne vous avais jamais dit merci.

 

Merci d’abord de vous être séparés et de n’avoir pas trop attendu, « pour les enfants », comme on le voit encore trop souvent, parce que s’il est vrai que tu m’as manqué Monsieur Père, les souvenirs les plus marquants que j’ai du temps de notre belle unité familiale sont ceux d’une grande violence : il faudra d’ailleurs peut-être un jour que j’en parle à quelqu’un pour voir s’il reste pas quelques trucs à régler dans tout ça, mais bon en attendant je vis avec et je vis pas trop mal somme toute.

 

Mais merci surtout parce que si vous avez raté la fin de votre mariage (qui a quand même duré 15 ans) on peut dire que vous avez réussi votre divorce en beauté ! Je n’ai jamais douté que vous vous soyez aimés pendant ce mariage pour la simple et bonne raison qu’on voit bien qu’aujourd’hui encore, presque trente ans après les faits, vous vous aimez encore. Merci de nous avoir offert des Noëls et vacances en famille, des moments chez les grands-parents qu’ils soient maternels ou paternels où nous étions tous réunis sans que cela ne soit des moments de tensions (enfin il y en a eu quand même, quelques soubresauts des temps orageux, des colères épiques où me remontaient les souvenirs de quand nous étions planqués dans notre chambre monsieur Moyen Frère et moi tandis qu’Aîné tentait de vous séparer de ses petits bras musclés d’ado trop conscient des évènements).

 

Puis tu es arrivée quelques années plus tard, Madame Belle-Mère, toi que je n’appelle jamais comme ça sauf pour te faire enrager (j’aime bien faire enrager les gens que j’aime), toi que d’aucuns appelleraient « la pièce rapportée », une expression que je déteste : elle dénote une situation tellement éloignée de ce que nous vivons. Après tout qu’est-ce qu’une famille sinon un patchwork de pièces rapportées de droite et de gauche ? Il n’y a pas de pièce d’origine dans une famille. Je te remercie également, toi qui t’es coulée dans le moule familial sans mal alors que ce n’est pas toujours facile. Je me souviens de madame Mère-Grand, côté paternel, qui n’a pas eu vraiment de mal à t’accepter mais qui avait du mal avec le fait que tu ne sois pas mariée avec monsieur Père. Cette anecdote quand elle avait une copine à l’autre bout du fil lui demandant ce qu’elle faisait et que, prise de cours elle lui a répondu « Je suis avec mon fils et, euh… ses deux femmes », cette anecdote nous fait encore beaucoup rire. Vous n’étiez pas encore mariés pourtant à l’époque. Alors qu’aujourd’hui oui, et quand je dis aux gens que madame Mère était invitée – et présente – à ce mariage, ils me regardent toujours avec de grands yeux incrédules. J’aime beaucoup produire ce petit effet, ça ne rate jamais. J’aime que vous soyez amies madame Mère et toi, et que vous partiez parfois en randonnée en laissant monsieur Père à son potager. J’ai été très touché le jour où j’ai appris que tu projetais de nous adopter, mes frères et moi, pour une histoire de succession ça m’a profondément touché : je ne sais pas si ça se fera, mais je deviendrais ton « fisc adoptif » avec plaisir.

 

Pour tout ça, pour m’avoir permis de vivre une histoire de famille recomposée apaisée, merci à tous les trois, et particulièrement à toi madame Mère parce que je sais – aujourd’hui – que c’est toi, c’est ton intelligence du cœur au moment de votre séparation douloureuse qui a permis cette situation : alors si aujourd’hui que j’ai fondé ma propre cellule familiale il t’arrive de m’agacer profondément, sache que je te suis reconnaissant de ça ? pour toujours et à jamais.

 

Aujourd’hui il m’arrive de me dire que si je dois m’éloigner de la mère de l’Enfant, j’aimerais garder avec elle d’aussi bonnes relations que les vôtres, et éventuellement qu’elle (ou moi) acceptions de bonne grâce d’agrandir le patchwork familial sans heurts, dans l’intérêt non seulement de l’Enfant mais également dans le nôtre. Et je me dis que grâce à vous, à votre exemple, j’ai de bonnes chances d’y parvenir. D’ailleurs c’est bien simple, je n’imagine pas qu’il puisse en être autrement. Enfin si : il peut aussi se faire que la mère de l’Enfant et moi-même nous ne nous séparions pas.

Allez bisous. Ne changez rien.

 

C'est une belle histoire que celle de ce fils là, une de celle qui fait rêver, une de celles que l'on voudrait vivre, ça ne sera pas la mienne malheureusement parce que pour que ça marche, il faut des adultes responsables et sincères.

 

Moi j'ai essayé les repas de familles chez Madame Mère, la communication, les visioconférences tous les soirs, jusqu'à ce que je m'aperçoive (très vite hein, quelques mois) jusqu'à ce que jusque dans le prétoire je sois décrite comme une affamante qui faisait dormir les enfants parterre, jusqu'à ce que je sois insultée en public lors d'un gala de dance, jusqu'à ce que je sois menacée...alors finalement, les bonnes relations ce sont pour les bonnes personnes.

 

J'ai voulu y croire pour rendre heureuses ces petites filles, pour le bonheur de l'homme que j'aime mais force est de constater que pour nous ça ne sera pas possible, on fera autrement.

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