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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 02:21

 

Avec Papa c’était compliqué…compliqué parce qu’on a peu vécu ensemble en fait et quand il était là, il n’était pas vraiment là, absorbé qu’il était par son métier, sa passion.

 

Mon père construisait des ouvrages de TP, de très gros ouvrages qui lui ont fait parcourir l’Europe et la planète.

 

Comme tous les Papas pour leurs petites filles, il a longtemps été mon idole puis la personnalité contre laquelle il fallait que je me construise, que je grandisse et le temps aidant de nouveau une figure de proue.

 

Haute comme trois pommes, à son arrivée j’accourais avec ses chaussons, je descendais à la cuisine pour partager son petit déjeuner à l’aube, le weekend je venais dans son lit avec mes petits livres d’enfant pendant qu’il lisait le journal.

 

Plus tard, j’étais fière de nager presque aussi vite et longtemps que lui.

 

Je picorais dans son assiette et me glissais contre lui sur le canapé.

 

Mon père était de ceux qui connaissent tellement de choses sur les mystères de la vie, de l’univers ou des objets.

 

C’était un scientifique, curieux de toutes choses qui n’a jamais cessé de s’informer et d’essayer de comprendre.

 

Il me disait, avant de faire quoi que ce soit, ma fille, tu dois le penser…non pas penser à ce que tu fais mais penser à comment tu vas le faire, ce qui est différend.

 

Il était dur et intransigeant, sa culture, son vécu lui faisait confondre compassion et faiblesse, mais je suis qui je suis, parce qu’il était mon père.

 

Ma douce Maman est venue heureusement tempérer les aspérités paternelles.

 

Enfant, il m’a appris la beauté de l’ouvrage qui sort du sol, m’a fait décrypter les lignes de ses plans, chacun de nos jeux, chacune de nos discussions n’étaient finalement qu’un prétexte pour illustrer la physique, la chimie ou les math, quand on allait pêcher, il m’expliquait les vagues et la lune, quand on jouait au tennis, la trigonométrie, quand on jardinait ou que l’on cuisinait, la chimie, quand on jouait, les probabilités…

 

La seule chose, qu’il ne m’a pas vraiment transmise…sa langue maternelle, peut être parce que c’était trop intime, trop douloureux, une part de lui à laquelle il avait renoncé pour épouser Maman et vivre dans ce pays qu’il adorait.

 

Etre adolescente à côté de lui n’a pas été simple et plus tard étudiante, j’ai souvent fait mes choix contre les siens, pour exister, ce que je regrette parfois amèrement.

 

Nous nous sommes souvent fâchés, puis réconciliés, souvent le silence nous éloignait.

 

Je l’ai vu combattre pendant trente ans sa maladie et finalement trois ans durant combattre la douleur jusqu’à l’inhumanité.

 

J’ai souvent eu l’impression de ne pas être à la hauteur de ce grand homme qui répondait à la plupart de mes questions.

 

Sa vie n’a pas été exempte d’erreur mais il les assumait sans défaillir et finalement cet homme là nous protégeait Maman et moi, parfois mal, mais de toutes ses forces.

 

Une phrase qui récemment m'a déchirée le coeur...est ce que tu crois que ton père serait content de toi ?

 

Il est parti une nuit d’hiver alors qu’il n’était déjà plus qu’une ombre, je ne l’ai plus revu et l’eau qui coule de mes yeux au moment où j’écris, coule au fond de moi à jamais, sur l’absence de cette homme dont j’ai été trop privée et que j’admirais, mon Père.

 

 

 

                                                                                    Ba

 

Cette porte sur mes silences a été ouverte par @P_Y_Paris, merci d'avoir libéré mes mots

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commentaires

Fanch 01/07/2012 12:15

Je lis beaucoup moins les blogs ces derniers temps ... et il faut que je tombe sur ce post qui me renvoie à une de nos conversations d'il y a quelques ... années ?!
J'y retrouve (presque) tout ... et, même si c'est sans doute facile à dire, il me paraît évident qu'il n'ignorait sans doute rien de ces tourments, mais qu'il aurait été content, oui, de savoir
tout ça de toi.
Bise Piou !

mademoisellepioupiou 14/09/2012 06:15



merci, ça me touche beaucoup, à bientôt



Naddie 25/06/2012 14:31

Tu m'as bouleversée ...
Et oui, je crois qu'il serait fier de toi. Parce que tu sais ce que tu lui dois, tu sais qui tu es et qui il était, que tu portes son souvenir et sa mémoire, et qu'il vit encore en toi.
Je t'embrasse

mademoisellepioupiou 14/09/2012 06:15



merci



vaipaiiiii 18/06/2012 14:30

Que dire... Que c'est émouvant comme un souvenir d'enfance, comme une blessure qui ne sera jamais guérie. Take care.

mademoisellepioupiou 14/09/2012 06:16



merci et j'essaie...en écrivant mes mots jsutement



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